Clotilde Salmon est performeuse, plasticienne et autrice. Queues de cheveux, seins amovibles, visages superposés, l’artiste invente des créatures hybrides, mâtinées d’objet ou d’animal. Ses performances confrontent l’étrange à des injonctions patriarcales et consuméristes et contrefont les stéréotypes marqueurs de contrôle de la beauté jusqu’à les rendre grotesques. Elle fabrique également des masques dessinés sur des sacs en papier figurant notre visage intérieur. Ces procédés revendiquent, souvent avec humour, le droit intrinsèque des individualités à la différence.
Née à Châtenay-Malabry en 1977, elle se forme brièvement aux arts plastiques à Paris VIII, peint des fresques en France et à l’étranger, occupe des ateliers dans des squats puis ouvre une galerie atelier dédiée à l’art contemporain dans une grange ariégeoise. En réaction à la capitalisation collective du corps féminin et son assujettissement à l’Argus de la séduction, elle fonde avec Sonia Kuipers et Belén Lorenzo le Groupe Performatif Famapoil. Féministe et fantaisiste, le GPF crée des corps-costumes modulables pour jouer selon ses propres règles, hors des normes. En 2023, le collectif est confronté à un épisode de cyberharcèlement émanant de réseaux réactionnaires. S’inspirant du slogan « My body, my rules », le GPF pousse alors le curseur de l’étrange et rend ses corps-costumes modulables. Ce parcours singulier nourrit la pratique artistique de Clotilde Salmon : transdisciplinaire, queer, militant de l’étrange.
Clotilde a performé à Édimbourg pour le Fringe festival, à Strasbourg pour INACT, à Bruxelles pour Et caetera ou encore dans l’espace public avec Poésie is not dead. (C)rêve ! la dernière création du GPF en collaboration avec le musicien HBT a été soutenue par la DRAC IDF, la Villa Mais d’Ici et le Générateur. Depuis 2025, elle développe un cours pratique de performance, « Le pouvoir du code » à l’université Paris I Sorbonne. Elle se forme actuellement à l’art thérapie à l’hôpital Saint Anne.


















